Botero : l'Art avec un gros A

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La présentation de 170 peintures , dessins et sculptures réalisés par l’artiste entre 1994 et 2007, s’est installée pendant près de deux mois au Palazzo Reale. Récit de visite.

Après avoir tourné autour de la Place du Duomo, cathédrale renommée, décrite avec beaucoup d’admiration par l’écrivain Stendhal dans ses notes de voyages, nous finissons, mon cousin et moi-même, par tomber sur le Palazzo Real, lieu où nous comptons parcourir l’exposition consacrée au travail de Botero. Une bonne partie des sculptures, charnelles et démesurées, se trouvent à l’air libre. Elles ont d’ailleurs été installées un peu partout dans le centre-ville de Milan pour l’occasion. Nous nous y arrêtons un moment pour prendre la pose photographique, avant de partir à l’assaut de l’exposition.

Il doit être 18h30. Aussi, il nous reste une heure pour la visite. C’est donc d’un pas pressé que nous allons à la rencontre des prouesses artistiques du peintre. Des personnages gras et bedonnants intègrent des toiles explosant de couleurs. Le rapprochement des dates des réalisations des peintures nous impressionne quant au rythme créatif de ce peintre contemporain. La dernière série en date, fraîchement réalisée, présente les arts du cirque sous divers facettes, toujours avec des individus aux tailles et aux formes exagérées, dont les visages interpellent par leur inexpressivité et leur tristesse.

Par ailleurs, une partie de l’exposition, propose une soixantaine de toiles réalisées en 2005, sur le thème des tortures de la prison d’Abu Ghraib, perpétrées en Irak par l’armée états-unienne, celles-là même qui ont fait la Une de l’actualité en 2005. Bizarrement, ces œuvres de Botero n’ont pas à ma connaissance beaucoup fait parler d’elles. Elles sont assez subversives dans le sens où elles sont des représentations crues, de scènes de tortures, bien loin des thèmes habituels choisis par le peintre colombien, bien que toujours marquées par l'empreinte quelque peu "grossissante" de leur auteur, à laquelle s'ajoutent des couleurs plus contrastées. Une exposition complète et rafraîchissante. Pour les amateurs, le livre qui lui est dédiée est en vente en ligne (http://www.laprocure.com), bien que son prix ne soit pas accessible à toutes les bourses. A noter enfin, que le peintre et sculpteur colombien expose entre le 25 septembre et le 25 novembre prochain à Berlín ses sculptures dispersées en plusieurs endroits de la capitale allemande.

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