Le diable à 4
Le film d'Alicia De Andrade est une histoire de mœurs à rebondissements, qui prend place à Rio de Janeiro, dans le quartier de Copacabana, puis dans l’état rural du Minas Gerais. La jeune réalisatrice, qui déclare avoir voulu présenter « une vision » du Brésil « très personnelle », nous fait découvrir des mondes hauts en couleurs, socialement marqués. Du fils de sénateur dilettante fumeur de cannabis au présentateur télévisé au sourire plus blanc que blanc, en passant par la bonne alcoolique, le flic corrompu et les gamins des rues sniffeurs de colle, toute une gamme de stéréotypes sont dépeints de manière exagérée.
Mais c’est sur un personnage central que repose le film : une femme irréelle, d’une beauté et d’une innocence extraordinaires, atterrissant dans un monde traversé de luxure, de proxénétisme, de violence et de corruption. Cette créature diaboliquement attirante et mystérieuse chamboule les hommes sur sa route, satisfaisant joyeusement les clients d’un bordel en livrant sa virginité sans peur ni stress apparents, semant avec la plus grande naïveté l’amour et la jalousie.
Rita devient vite la source d’une intrigue tragi-comique à laquelle viennent se greffer les histoires personnelles d’autres protagonistes.
Les scènes s’enchaînent, surprennent, choquent, font rire, intriguent. La réalisatrice, dit s’être « inspirée de faits réels ».
En outre, Alicia de Andrade explique qu’elle a eu recours à une jeune génération de comédiens formée dans les écoles de théâtre de Rio, « sponsorisées par Petrobras », compagnie pétrolière brésilienne. Le résultat est plaisant.
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