La jeune fille et la mort au théâtre de l'opprimé

Version imprimableVersion imprimableEnvoyer à un amiEnvoyer à un ami
affiche de la pièce La jeune fille et la mort

Attention nouvelle représentation le 5 février 2012 à 15 heures à la MJC de Colombes (92700) -voir coordonnées dans le commentaire ci-dessous-°

 

J'assistais hier soir, au "Théâtre de l'opprimé" à Paris, à la représentation de "La jeune fille et la mort" pièce d'Ariel Dorfman, ancien conseiller de Salvador Allende.

Allez-y, ça vaut vraiment le coup, c'est un moment intense de théâtre. Dialogues très prenants, bien écrits, personnels. Trois acteurs, très talentueux et impressionnants de vérité, chacun bien dans son rôle.

La mise en scène très sobre et percutante de Claude Vajda, ponctuée par la musique de Schubert, nous entraîne dans un huis clos qui nous parle, qui nous trouble, qui fait revivre une mémoire collective et individuelle, face à la torture, au viol.

Au tout début, Paulina, excellemment interprétée par Anna Cottis, dialogue avec Gerardo, son mari, avocat, défenseur des droits de l'homme, joué avec justesse par Rodrigo Ramis. Ils discutent de la mise en place d'une Commission sur la violation des droits de l'homme, dans un contexte de "post" dictature .

Les réflexions très actuelles sur l'oubli, la mémoire, le passé sont autant de questionnements qui ressortent de dialogues très simples, empreints de quotidienneté, qui ne peuvent qu'interpeller chacun et chacune d'entre nous.

C'est à la suite d'une rencontre fortuite de Gerardo, que Paulina croit reconnaître son ancien bourreau, interprété avec intelligence et sobriété par Victor Quezada-Perez. 

A ce moment là, tout dérape. Marquée à vie dans sa chair, avec un passé enfoui pour pouvoir survivre, Paulina nous dévoile sa douleur, ses non dits, sa violence et son désir de vengeance, jusqu'alors réprimés. Tout se met en branle, remonte à la surface, l'envahit, nous parle.

Roberto est-il celui qui, quelques années plus tôt, participait à son supplice ? Maintenant qu'elle l'a sous la main, en son pouvoir, que va-t-elle faire de lui ?  Comment ces trois personnages vont-ils réagir ? 

Entre mémoire et oubli comment peut-on continuer à vivre ?  Peut-on  pardonner quand la souffrance corporelle et morale individuelle s'en mêle et nous empêche de vivre ? Telles sont les interrogations suggérées avec tact par cette magnifique pièce qui m'a profondément touchée.

Evita 

Pour en savoir plus :

Théâtre de l'opprimé 78 rue du Charolais 75012 Paris, jusqu'au 13 novembre 2011

Billetreduc.com, pour bénéficier de tarifs réduits (http://www.billetreduc.com/59269/evt.htm)

www.umbral.fr 

Votre note : Aucun(e) Moyenne : 5 (2 votes)

Commentaires

Evita:

Ne ratez pas la nouvelle représentation de la Jeune fille et la mort, dimanche 5 février à 15 heures à la Maison des jeunes et de la culture de Colombes.

«  LA JEUNE FILLE ET LA MORT » à 15H Avec Anna Cottis, Rodrigo Ramis, Victor Quezada mes Claude VAJDA et la participation d’Osvaldo Calo à l’issue du spectacle un débat avec le metteur en scène, Amnesty International et David Beytelman

Tarif Plein 10,50  € Adhérent 8,50 € - de 18 ans 7,50 € -  de 14 ans 5,50 €

96/98, rue Saint-Denis 92 700 Colombes

Réservation  : 01 56 83 81 81.

Evita

Publier un nouveau commentaire

Conception et webmastering : Federico Calo
Concepteur web et graphiste indépendant