Les larmes de l'assassin
Un étrange lien se tisse entre ces êtres, les deux hommes se disputant l’affection du jeune garçon. Telle une famille recomposée, ils entreprennent un voyage à la foire de Punta Arenas.
Paolo, de petit sauvage silencieux, composant du mieux qu’il peut avec la violence de ses émotions, découvre la ville, la foule, les mots, la musique, la peinture.
Obligés de fuir, leur rencontre avec un vieux sage dans une forêt bouleverse tout. Et le roman noir glisse vers la poésie.
Quelle force d’écriture ! Le lecteur s’attache à tous les personnages, même aux mauvais ! Et voilà ce qui nous tient en haleine : que deviendront-ils ? Comment leurs sentiments évolueront-ils ? Car la belle leçon de l’histoire, c’est que le bien et le mal ne sont pas figés.
L’auteur nous laisse l’espace nécessaire pour que chaque chapitre devienne un cas de conscience, une source de questionnement.
Que le pardon soit accordé ou non, après tout peu importe, c’est le cheminement d’une rédemption involontaire qui nous passionne.
Chaque individu a son bagage à porter avec, parfois, de lourds malheurs. Que fait-on de son chagrin ? Alimente-t-il le cycle de la violence par une vengeance perpétuelle ? Peut-on trouver la paix en ouvrant simplement oreilles et yeux, en se confrontant aux autres, quitte à ressentir panique, rejet ou fascination…
S’ouvrir, se déplacer de son point d’ancrage, cela mène aux rencontres, discussions, découvertes, lectures : autant d’ouvertures des champs du possible, afin de modifier notre conscience, nos repères moraux, puis notre cœur afin de nous conduire vers des routes plus larges.
Un voyage initiatique, une histoire très émouvante qui nous raconte, sans parti pris, que rien n’est immuable.
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