Pedro Paramo, nouvelle traduction

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Pedro Paramo

L’utilisation du pronom personnel « je » permet de créer assez vite un rapport plus intime avec le lecteur et apporte ainsi au récit  une fraîcheur, qui le rend du même coup plus autobiographique, plus authentique.

Le style y est incisif, les mots jaillissent littéralement dans la bouche des personnages. Le besoin de crier tout fort ce qu’ils ont  sur le cœur donne au livre un côté contestataire, révolutionnaire qui tend à faire entendre la voix profonde du Mexique (là ici la population paysanne).

Au cours de son aventure, Juan Preciado va rencontrer des femmes ayant eu un rapport plus ou moins proche avec sa mère (amie d’enfance, nourrice du petit Juan) et qui vont l’amener à se replonger dans le passé de ce petit village de Comala. A partir de ce moment-là, le livre Pedro Paramo  nous fait rentrer dans une autre dimension. Le passé et le présent  se côtoient sans cesse.

Les morts, les vivants. La mémoire et l’oubli. Tout se mélange au point de ne former plus qu’une seule unité, une seule voie, une seule destinée. La magie opère.

Enfin, le monde rural mexicain est représenté d’une manière précise, détaillée, qui nous donne une bonne idée de ce qu’était la vie à la campagne au début du siècle dernier et notamment au niveau du rapport entre les agriculteurs. Une vie pas facile où il fallait se battre pour tout et où le respect et le code de l’honneur n’étaient que des mots.

Cinquante ans après sa parution, voici enfin, d’après le manuscrit original, le roman dans son intégralité. Un livre dans lequel on s’évade, on puise des choses et où on se remet en cause à chaque page.

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